Kazakhstan
April 16, 2026

Vacances à cheval au Kazakhstan : un retour à la nature

Margot Vially Walczak
Voyageuse
Voyage à cheval au Kazakhstan

Découvrez le récit d’une voyageuse ayant pris part à l’un de nos treks à cheval de trois jours au Kazakhstan. À travers ses mots, plongez dans son aventure personnelle, du départ d’Almaty jusqu’à l’immersion au cœur des paysages et de la vie nomade, au fil des étapes parcourues.

Le voyage de Margot

Nous avons quitté Almaty en direction de l’est, vers le village de Kainazar.

La ville s’est diluée : le béton a laissé place à la poussière, le bruit est tombé, et le monde s’est élargi.

Nous étions un petit groupe de huit. Je voyageais avec ma mère. Nous venions de passer plusieurs jours à sillonner le sud-est du Kazakhstan : Altyn-Emel, les lacs Kaindy et Kolsai, le canyon de Charyn, etc.

Nous étions toujours en mouvement, d’un lieu à l’autre.

Cette fois, il ne s’agissait plus d’aller quelque part.

À Kainazar, nous avons rencontré les chevaux. Le mien était un alezan nommé Typhoon. Kristin, notre guide, m’a dit qu’il était têtu. Qu’il aimait rester à l’arrière. Qu’il ne fallait pas céder.

J’ai vite compris que Typhoon n’était pas têtu. Il aimait simplement faire les choses à sa manière.

Nous sommes partis lentement. D’abord à travers le village, puis sur une large plaine habitée par des corbeaux, avant de monter vers les contreforts du Tian Shan. La civilisation ne s’est pas arrêtée net, elle a simplement cessé d’insister.

L’automne s’installait doucement. La terre était dorée et rousse, brute et calme. Les montagnes se dressaient devant nous, leurs contours s’effaçant à mesure que le regard portait plus loin.

À cheval, la vie se réduit. Le poids. L’équilibre. La direction. Le souffle. Le reste attend. Tout paraissait simple, et étrangement irréel.

Trouver le rythme

À notre arrivée au camp, je ne pensais presque plus, j’étais juste là.

Les yourtes reposaient sous des poiriers. Les chèvres et les moutons se déplaçaient comme un seul corps. Une petit chatte à l’allure sauvage se faufilait entre les bottes. Elle s’appelait Ryska.

Dans la yourte principale, nous avons partagé le déjeuner. Une soupe bien chaude, des baursaks, du thé noir, des tranches de pastèque. Dehors, les chevaux se reposaient.

Puis, nous sommes repartis.

Typhoon traînait. Me testait. M’ignorait. Je ne l’ai pas affronté. Je suis restée présente. J’ai utilisé le bâton quand il le fallait. Peu à peu, nous avons trouvé un rythme commun.

Les collines montaient doucement. La lumière d’automne réchauffait nos dos. Les couleurs s’approfondissaient à mesure que le soleil baissait. Le vent balayait les flancs. Les oiseaux tournaient au-dessus de nous. Rien n’avait besoin d’être nommé.

Au coucher du soleil, nous sommes redescendus vers le camp, Typhoon stable sous moi.

La nuit est tombée vite. Les animaux ont trouvé le repos. La terre a expiré.

Le superflu avait disparu. La vie s’était réduite à l’essentiel : le mouvement, la nourriture, le repos. Et pourtant, elle semblait pleine.

Là-haut, dans l’immensité

Nous avons dormi la porte de la yourte ouverte. J’entendais le chien, les moutons, peut-être quelque chose de plus grand dans l’obscurité. La nuit nous enveloppait, dense de sons et de rêves.

Le matin, avant le petit-déjeuner, j’ai donné à Typhoon des poires que j’avais cueillies pour lui.

Nous avons longé une rivière, croisé des juments et leurs poulains, des moutons disséminés sur les collines. Un agneau mort gisait immobile dans l’eau. Personne n’a rien dit. Un rappel silencieux : ici, la terre a ses propres règles.

En montant, l’air s’est fait plus vif. Le paysage s’est ouvert sur un vaste pâturage d’été, parfumé de thym sauvage et d’armoise, lové entre les montagnes. Nous avons passé le mémorial d’Aydosuly Sarybay Bi, debout dans l’immensité.

Vers 2 300 mètres d’altitude, la vue s’est brusquement ouverte. Au loin, des sommets enneigés s’élevaient à quatre et cinq mille mètres. Immobiles. Indifférents.

Nous avons mangé là. Un faucon tournoyait au-dessus de nous. Je me suis allongée dans l’herbe, au soleil, avec l’envie d’y rester pour toujours. Le temps ne s’étirait plus. Il avait disparu. La pensée laissait place aux sons : le vent, les sabots, le souffle.

Quelque chose en moi s’est tu. Être si petite dans cette immensité me donnait le sentiment d’être vaste.

Je n’étais pas là pour vivre quelque chose, mais pour en faire partie.

En redescendant, le paysage s’est teinté d’or. Un renard nous observait calmement depuis la montagne.

Voyage au Kazakhstan

Typhoon et moi avancions différemment. Nous ne luttions plus. Les chevaux ont ce pouvoir : ils ramènent au corps, à l’instant.

À la tombée de la nuit, des villages sur la steppe ont commencé à s’illuminer, des points de lumière éparpillés, comme des étoiles tombées au sol. L’obscurité s’épaississait entre les arbres. La lune s’est levée.

De retour au camp, le sauna fumait. Le dîner était généreux : mouton, pain, koumis au miel, cognac.

La journée semblait complète. Il ne manquait rien. Rassasiée de paysages sauvages et d’horizons lointains, la nature avait accompli son œuvre : mon corps était fatigué pour de bonnes raisons, et mon esprit, tranquille et imprégné de souvenirs précieux. 

Avant de quitter la steppe

La dernière nuit fut froide et immobile. Je me suis réveillée au chant des oiseaux, la yourte silencieuse autour de moi. Je suis restée là, à fixer le shanyrak, jusqu’à ce que les rêves de la nuit se dissipent.

Voyage au Kazakhstan

Après le petit-déjeuner, nous nous sommes entraînés au tir à l’arc. La corde frappant la peau. Les doigts à vif. Mon bras marqué là où elle avait claqué. Le corps comprenait avant la tête.

La descente commença dans la douceur dorée de l’après-midi. Les sabots soulevaient la poussière, et voitures et motos nous croisaient désormais. Je suis restée un long moment à l’arrière, seule avec le soleil qui déclinait, la steppe immense devant moi, l’air chargé de la terre sèche, le vent caressant mon visage. Puis, soudain, nous avons galopé. Les crinières volaient, les sabots martelaient la plaine, et tout mon corps vibrait de l’énergie des animaux. La liberté est faite de ça, j’en suis certaine. Je n’ai simplement aucun mot pour la décrire.

Nous avons croisé des vaches, un homme et son chien, silhouette de cowboy slalomant entre les dernières bandes de lumière.

Dans le village, la vie continuait : des enfants jouaient, des grand-mères observaient, et quelques petites mains se levaient pour nous saluer. 

Au ranch, j’ai posé une dernière fois ma main sur l’encolure de Typhoon.

L’empreinte de ce voyage 

Ces trois jours m’ont rendue à la lenteur, au calme. Ils m’ont rappelé que je ne suis jamais vraiment séparée du monde. Sous le brouhaha des habitudes et du temps qui file, la terre continue de respirer : silencieuse, immuable, indifférente à nos vies.

Certains voyages distraient. D’autres enseignent. Et d’autres encore ne donnent rien du tout ; ils se contentent de rappeler que le monde est toujours là, vaste et merveilleux.

Venez vous aussi vivre une expérience inoubliable en rejoignant une de nos prochaines expéditions. Les dates ne vous conviennent pas ou vous avez un projet particulier en tête ? N'hésitez pas à nous contacter sur Instagram ou Whatsapp !

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